Dans huit jours se tiendra le plus grand événement de patinage à roue alignée au Canada, et l’un des plus important en Amérique du nord : le 24h Roller Montréal! C’est un événement que beaucoup attendent avec impatience.

Le 24h roller de Montréal est un défi extrêmement motivant et amusant. Pour plusieurs patineurs, c’est le party de patin de l’année. Bien que se soit une expérience très fun, il est important aux patineurs de préparer adéquatement leur défi, surtout pour les athlètes qui auront à reprendre leur entraînement usuel rapidement. Comment peut-on gérer l’événement afin d’atténuer les conséquences négatives d’une mauvaise récupération?

Avant l’épreuve

Alimentation

Il est important de bien s’alimenter et de bien dormir une semaine avant l’événement. Ce n’est pas une mauvaise idée de manger plus qu’à l’habitude ; vos devez être plein à bloc de nutriments et de glycogène en arrivant le jour J. Pas besoin de se casser la tête : mangez beaucoup de glucides, et de fruits et de légumes. Pour le sommeil, il est tout à fait normal de moins bien dormir la veille du défi, étant donné la fébrilité qui se met souvent de la partie! Il ne faut pas s’en faire avec ça ; L’important de ne pas arriver là avec une dette de sommeil accumulé. c’est donc la qualité du sommeil les jours d’avant, et non pas la veille. Même chose pour l’alimentation : ce n’est pas ce que vous mangerez la veille qui compte vraiment. Évitez les aliments que vous n’aimez pas ou que vous tolérez mal. Pour le reste, ne vous cassez pas la tête sur quoi manger la veille ; restez dans vos habitudes.

Entraînement

À ce moment-ci de l’année, il peut être bon d’aller rouler avec votre équipe ou non pour entretenir vos sensations de patinage. Cependant, n’allez pas vous entraîner très durement en pensant être meilleur pour la course. Les dés sont déjà jetés pour votre forme physique. Au mieux, vos pouvez enchaîner quelques entraînements techniques, ce qui sera bénéfique sur vos chronos.

Équipement

Bien entendu, veillez à ce que votre équipement soit bien réglé. Roulements propres et lubrifiés, platines (frames) bien ajustés ne sont pas du luxe. Assurez-vous de régler vos points de pression ou vos inconforts, parce que sur un 24h, ils vont feront souffrir longtemps! Des Ezeefit peuvent être une bonne idée. Des lacets neufs peuvent être une bonne idée. À ce sujet, soyez vigilant si vous passez de lacets cirés à des lacets non-cirés : il se peut que vous perdiez un peu de serrage et donc, de support. Finalement, vous pouvez également vous gâter avec des roues neuves!

Pendant l’épreuve

Hydratation et électrolytes

La plupart des conseils pour les sportifs lors des épreuves d’endurance cognent énormément sur le clou de l’hydratation : « buvez avant d’avoir soif », « hydratez-vous au maximum ». Ce sont des bons conseils, en ce sens qu’il est vrai qu’il est important de s’hydrater (la première menace d’un athlète, c’est la déshydratation). Cependant, je considère que l’importance des électrolytes est de beaucoup sous-estimé parmi la communauté sportive. J’ai d’ailleurs souffert d’hyponatrémie, une baisse de sodium dans le sang lors de mon record du monde au 24h Roller solo. Pourtant, je buvais des boissons sportives avec électrolytes! Il faut comprendre que la majorité des acheteurs de ces boissons, ce sont des gens qui veulent boire un jus sucré, et non des athlètes. Ce sont des boissons qui visent beaucoup plus le grand public que les athlètes d’endurance.

L’électrolyte #1 à surveiller, c’est le sodium. Il faut premièrement comprendre que la concentration en sodium du corps doit être très précise. Or, quand on boit de l’eau, on dilue la quantité de sodium dans le corps. Plus on boit d’eau, plus on risque de provoquer un déséquilibre. À partir d’un certain seuil, le corps n’absorbera même plus ce qu’on boit ; il éliminera l’eau ingérée directement dans la vessie et ce, pour conserver son équilibre. Le corps arrêtera aussi d’envoyer le signal de soif au cerveau, parce que boire que de l’eau, à ce stade, empire les choses. En plus du manque de sel, c’est donc maintenant la déshydratation qui guette, et ce, même si l’on boit énormément d’eau. C’est un cercle vicieux. Si l’on continue à diluer son sodium, les symptômes suivant seront possiblement les maux de cœur et la perte d’appétit. On mange alors alors moins, on s’affaiblit encore davantage… c’est probablement la raison principale des pertes d’appétit des athlètes à la fin de l’épreuve.

Il faut donc prendre du sel. Mais en quelle quantité? Les boissons type Gatorade en contiennent 250mg par portion de 591ml, ce qui correspond à un taux de 423mg de sodium par litre.
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Or, 423mg de sodium par litre, c’est moins de la moitié du sodium que le corps a besoin pour remplacer le sodium perdu dans la sueur. Comme quantité, je recommande de se baser sur les solutions de réhydratation des professionnels de la santé. Par exemple, le Pharmachien a dévoilé la recette de l’hôpital Sainte-Justine en cas de déshydratation dans son épisode sur la gastro : elle correspond à un taux de sodium d’environ 1200mg par litre de liquide. Le Pharmachien indique bien de ne pas dépasser cette valeur ; trop de sel n’est pas mieux que pas assez.

Il n’est pas nécessaire de suivre rigoureusement une valeur définie, de toute façon, il y a des variations dépendamment de la température extérieure et pour chacun. Cependant, il est bon de viser une ingestion dans l’intervalle 1000-1200mg de sodium par litre d’eau ingéré. Pour quelqu’un qui a l’habitude d’être en légère hyponatrémie lors de l’effort (ce qui est plus susceptible d’arriver lorsqu’il fait chaud), cela fera une différence significative sur sa performance. Cela aura également un gros impact sur le bien-être de l’athlète pendant l’épreuve et sa récupération post-effort.

Des petites capsules d’électrolytes équilibrés sont disponible sur le marché, par exemple, les SaltStick Caps. C’est une bonne solution d’en ingérer tout au long de l’épreuve, lorsqu’on boit et qu’on ne mange rien de salé.

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Dans le cas des SaltStick Caps, une ingestion de 3 capsules aux 2 heures (si l’on boit du Gatorade) ou 5 capsules aux 2 heures (si l’on boit de l’eau) est une solution adéquate dans le cas de l’ingestion de 500ml de liquide par heure. En plus du sodium, SaltStick offre une solution équilibrée en potassium, calcium et magnésium, qui sont tous des éléments perdus dans la sueur. Après le sodium, le potassium est un électrolyte très important à surveiller. Des petites variations de concentration dans le corps peuvent mener à des défaillances cardiaques. Si vous ne disposez pas de suppléments d’électrolytes, assurez-vous de manger salé et beaucoup de bananes pendant l’épreuve.

Alimentation

Mangez fréquemment des glucides en petite quantité, cela évitera les malaises gastriques durant l’effort. Avant vos pauses, intégrer un peu de protéines et de lipides est une bonne idée afin de fournir au corps les molécules nécessaires à la génération musculaire et une source d’énergie dense et de longue durée.

Retour sanguin

Il faut comprendre que le sang vicié des jambes remonte difficilement au cœur sans aide. C’est entre autre en bougeant les jambes que l’on permet le retour du sang vicié. Restez donc actif entre vos tours de piste.

Lorsque vous sentez que les jambes deviennent lourdes, il peut être bon de se coucher dos au sol, les jambes les plus haute possible. La gravité fera redescendre le sang vicié vers le coeur. Attendez d’avoir les jambes bien engourdies, et remontez soudainement debout. Vous sentirez une sensation de chaleur au niveau des jambes ; c’est le sang, bourré d’oxygène et de nutriments, qui revient aux muscles. Ils seront alors frais comme des roses! Non, quand même pas, mais ce sera mieux qu’avant.

Les bas de compression aident également: on exerce une pression sur les vaisseaux sanguin à l’aide d’un bas serré pour que le sang puisse remonter plus facilement. C’est ainsi qu’on obtient une meilleure circulation sanguine.

Après l’épreuve

Tout de suite après l’épreuve, manger immédiatement des glucides rapide et un peu de protéines permet une meilleure récupération. C’est d’ailleurs une des seules manières efficaces de prévenir, jusqu’à un certain point, les courbatures après l’effort. Le lait au chocolat est une recette gagnante. Dans les jours suivants, des lipides et des protéines en grande quantité est une bonne idée pour régénérer les stocks d’énergie du muscle. Les deux tiers des réserves d’énergie du muscle, disponible sous forme de glycogène, sont en fait des réserves de graisse, les triglycérides musculaires.

Plus le niveau de l’athlète s’élève, plus ses muscles sont riches en graisse. (Delavier, 2007)

Pour « restocker » ces triglycérides, des repas riches en graisses permettent de reconstituer les stocks en 48 heures. Sans ce régime riche en graisse, les stocks se reconstituent beaucoup moins rapidement -au quart- après la même période (Ibid). Ne vous sentez pas coupable de manger une bonne grosse poutine après la compétition!

Il n’est pas trop d’une semaine de congé pour ceux qui patinent l’épreuve ultime (24 heures). Le repos sera beaucoup plus utile que l’entraînement. Dormir, manger, dormir, manger! Des massages sportifs peuvent aider à la récupération. Sinon, une visite au spa sera bien méritée!

Le V02Max

La consommation maximale d’oxygène ou VO2max […] est le volume maximal d’oxygène […] qu’un […] sujet humain en particulier peut consommer par unité de temps lors d’un exercice dynamique aérobie maximal.

Source : Consommation maximale d’oxygène – Wikipedia

Autrement dit, le V02Max, c’est la capacité maximum du corps à extirper l’oxygène de l’air et de l’utiliser. Elle est conséquentes de plusieurs facteurs, mais principalement du débit sanguin et de la capillarité musculaire. Le deuxième facteur est beaucoup plus important pour un patineur que le premier. C’est ce qu’on appelle « avoir du souffle »!

Contrairement à la croyance populaire, le débit sanguin n’est pas une donnée qui est particulièrement pertinente en patinage de vitesse. Une augmentation de la puissance du cœur ne sera pas nécessairement effectif sur les performances d’un patineur, ou très peu. Pourquoi cela? La contraction continue des muscles du patineur empêche fortement l’oxygène de se rendre à destination : dans les jambes. Ces muscles sont en effet contracté quasiment en permanence, ce qui augmente fortement la pression intra-musculaire. Cette pression étant forte, le sang ne peut plus circuler facilement dans les vaisseaux sanguins. Une augmentation du débit sanguin n’augmentera donc pas la livraison d’oxygène là où ça compte (dans les jambes). Par exemple, une diminution d’à peine de cinq degrés dans l’angle tibia-cuisse limite le V02Max du patineur de 10% (Foster et al, 1999). Autrement dit, le fait de passer de 115 à 110 degrés dans l’angle des genoux diminue la capacité du corps à utiliser l’oxygène de 10% et ce, malgré un débit sanguin équivalent.

Faisons une analogie avec le transport routier. Imaginez qu’il y a de la congestion routière locale parce que l’autoroute passe de quatre à deux voies. Il y aura congestion à cet endroit précis. Or, même si on augmente le nombre de camions de livraison, le débit de livraison ne sera pas plus rapide. Ce qu’il faut faire, c’est d’augmenter le nombre de voies.

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La congestion est une représentation ce qui se produit lorsque les muscles contractées diminuent la capacité du sang à traverser les vaisseaux sanguins. Agir sur la capillarité musculaire, c’est comme augmenter le nombre de voies. Cette meilleure circulation sanguine permettra au patineur d’utiliser plus d’oxygène, augmentant ainsi son endurance et diminuer la fatigue musculaire pour une même vitesse. La capillarité musculaire, c’est la qualité de la vascularisation des muscles, soit la qualité du réseau de distribution sanguin. C’est un paramètre qui influence beaucoup plus le patineur que le débit sanguin.

Cette dualité entre le débit sanguin et la vascularisation, indépendant l’un de l’autre, expliquent probablement pourquoi l’endurance est une qualité indépendante du V02Max. Pourquoi, par exemple, certains athlètes tiennent plus longtemps à 80% de leur V02Max que certains autres? Une différence dans la qualité de la vascularisation est potentiellement une des raisons.

Les impacts

Les impacts pour le patineur d’une meilleure capillarité sont, entre autre:

  • Augmentation de la vitesse de croisière aérobie (c’est à dire que la patineur peut augmenter sa vitesse sans avoir davantage mal aux jambes);
  • Une meilleure récupération. Puisque le sang est mieux distribué, il sera beaucoup plus efficace d’acheminer les nutriments nécessaires à la récupération du muscle et le libérer de ses déchets
    • Possibilité d’une augmentation des séances d’entraînement sans effet négatif
    • Une meilleure forme lors des compétitions, surtout lors de la 2e journée
    • Une diminution des risques de sur-entraînement;
  • Possibilité d’améliorer sa position de base (se baisser davantage, ce qui amène d’autres effets positifs) sans effort supplémentaire;

Les conséquences

L’entraînement du patineur ne devrait donc pas se concentrer sur la force du système cardio-respiratoire, qui influence le débit sanguin, mais plutôt le volume à base intensité, qui influence la capillarité. Exit les séances de course à pied avec intervalles, l’entraînement de vélo en côte ou autre exercice qui essouffle ; l’important, c’est de bouger plus doucement mais plus longtemps. Par exemple, des longues séances de vélo ou bien encore mieux, en roller!

L’entraînement à base intensité est d’ailleurs la fondation du programme d’entraînement dit polarisé, soit en grand volume d’entraînement à base intensité couplé avec un petit volume d’entraînement en force maximale. C’est un programme de plus en plus populaire qui est largement utilisé par les Hollandais, la plus grande puissance mondiale en patinage de vitesse longue piste.

De plus, en augmentant le volume d’entraînement à base intensité, on peut par le fait même augmenter l’intensité des séances à haute intensité, ce qui se traduit par une plus grande adaptation biologique.

En même temps que l’entraînement à bas volume, le patineur peut travailler sur sa technique, de loin le facteur le plus déterminant. On fait ainsi d’une pierre deux coups!

Attention : l’entraînement à bas volume, mais pas de façon excessive

Il faut faire attention de ne pas trop faire d’entraînement à basse intensité non plus. Une telle situation peut réduire la puissance musculaire et la capacité anaréobie (très important en patinage de vitesse) si les athlètes abusent de ce type d’entraînement. Le succès d’un programme d’entraînement polarisé est fortement dépendant de la qualité des séances d’entraînement à très haute intensité. Comme dans toute chose, c’est l’équilibre qu’il faut trouver!

 

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L’entraînement sur roues l’été? Pour quoi faire? Je fais déjà du vélo, et je commence à patiner assez tôt sur glace! Qu’est ce que ça va me donner?

Beaucoup d’idée préconçues persistent dans le milieux du patinage de vitesse ; comme quoi le roller pourrait nuire à un patineur courte piste. Pourtant, le roller peut être très avantageux pour lui.

Les avantages sont, entre autres :

  1. Amélioration de l’aérobie
  2. Renforcement de certains muscles
  3. Gain d’agilité
  4. Gain d’équilibre
  5. Perspective technique différente
  6. Équilibre structurel
  7. Repos mental

1- Amélioration de l’aérobie

Les distances en patinage courte piste sont très courtes (entre 500 et 3000 mètres). Or, en patinage sur roues, c’est l’inverse : beaucoup d’épreuves en sont d’endurance (par exemple, on peut penser aux classiques Marathons). D’autres épreuves sont encore plus longues : certaines courses peuvent s’échelonner sur 100 kilomètres, voir plus. Cela fait en sorte que le patin sur roues pendant l’été est un très bon moyen de construire sa forme pendant la saison morte du patin sur glace.

N’importe quel programme d’entraînement sérieux préconise d’avoir une certaine dose de volume à base intensité. La raison? Améliorer la capillarité musculaire. Il s’agit de la qualité du réseau sanguin qui irrigue la musculature. Or, plus on bouge, plus ce réseau s’accroît. Le sang se rend en plus grande quantité et plus profondément dans les muscles. Résultat? Gain d’endurance, récupération plus rapide, augmentation du VO2Max. Comme ces séances d’entraînement à basse intensité doivent être réalisées de toute façon, le faire à roller est d’autant plus utile ; c’est plus spécifique au patineur que le vélo ou la course à pied.

2- Renforcement de certains muscles

Le dos

N’importe quel patineur à roulette vous le dira : au début, c’est le dos et les chevilles qui font mal! Le dos est en contraction continue pendant une plus longue période qu’en patinage sur glace. Les patins sont également plus lourds. Les muscles lombaires deviendront plus résistants. C’est intéressant, parce que ces muscles du tronc sont parfois négligés par les patineurs qui font beaucoup d’exercices abdominals.

Les stabilisateurs de cheville

La gestion des carres en patinage de vitesse sur roue impose une grande pression sur les muscles des chevilles. La bottine est assez haute par-rapport au sol. Ce sol est de qualité irrégulière et est beaucoup moins lisse qu’une glace. De plus, l’athlète doit gérer la double-poussée qui n’existe pas en patinage sur glace. Le résultat? le patineur doit effectuer un mouvement qui exerce une tension importante sur sa cheville sur une surface rugueuse. Les muscles qui contrôlent la pronation et la supination de la cheville seront ainsi fortement sollicités, en force et en endurance.

Les stabilisateurs de chevilles, très sollicités lors de la double-poussée

3- Gain d’agilité

En roller, il faut éviter les nids de poules, parfois gérer les bandes de trottoir, les bosses, le gazon, les arrêts… Tout plein d’obstacles à franchir. De plus, il faut savoir réagir rapidement. Cela apporte au patineur de glace une capacité à gérer des situations soudaines. Cette capacité à réagir pourra être mise à contribution dans les courses, où certains dépassements doivent être effectués en une fraction de seconde. Steve Robillard, patineur courte piste qui s’est toujours entraîné en roller, nous en a fait la démonstration lors d’une course de 1000m en 2008.

4- Gain d’équilibre

Ces bosses, bouches d’égouts, nids de poules, routes mal pavées… tout cela fait travailler l’équilibre du patineur. De retour sur glace, il sera beaucoup plus stable.

5- Perspective technique différente

Les principe de patinage sont les mêmes en patinage sur glace ou sur le bitume. Par contre, l’application de ces principes est différente. Un patineur peut améliorer sa compréhension des principes mécaniques du patinage en exécutant de deux façons différentes un même principe. Par exemple, la translation du bassin peut être mieux ressentie en patinage sur roulette. Le patineur retournant sur glace, venant de mieux comprendre cette technique, pourra intégrer cette meilleure conscience du mouvement dans son patinage hivernal.

6- Équilibre structurel

En patinage sur glace, ou tourne toujours à gauche… cela peut amener des problèmes de dissymétrie chez certains athlètes (angle du bassin, courbure du dos, etc). Or, quoi de mieux que le patinage sur roulette sur route pour ré-équilibrer le corps? Le mouvement étant totalement symétrique, c’est aussi un bon moyen pour déceler la jambe faible afin d’y apporter des améliorations.

7- Repos mental

La froideur de l’hiver, les arénas glaciales, le son de la Zamboni, la rareté du soleil… Pas besoin de convaincre qui que ce soit que c’est un mode de vie qui peut finir par fatiguer un athlète mentalement. Le patinage sur roulette est une belle occasion de patiner au soleil, en groupe et d’avoir du plaisir. Cette santé mentale est très important pour que l’athlète conserve sa motivation au travers les années. Vaut mieux qu’un athlète aille du plaisir, quitte à a sacrifier une partie de son gain potentiel à court terme, plutôt que de faire un burn-out après quelques années… Faire des champions de 14 ans, ça nous amène quoi s’il fait une écoeurantite l’année suivante?

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De nombreux patineurs, lorsqu’ils doivent acheter leurs roulements, sont rassurés de constater que l’indication ABEC-7 ou ABEC-9 est un gage de bonne qualité. Plus le chiffre ABEC est haut, plus le roulement est supposément de qualité, il roulement mieux et plus rapidement. Mais qu’est-ce que la norme ABEC, exactement?

La norme ABEC

La norme ABEC est une norme d’ingénierie indépendante pour les roulements à billes. Que vérifie cette norme? Tout simplement la tolérance dans les dimensions du roulement. C’est-à-dire qu’elle vérifiera les différences de largeur et diamètre entre plusieurs roulements d’un même modèle.

Voyons ainsi les spécifications requises pour être compatible avec la norme ABEC 1, 3, 5, 7 et 9 pour un roulement de type 608 (Roulement de patin à roues alignées):

ABEC Tolérance (en millimètres)
Intérieur Extérieur Largeur
Diamètre  Déviation de bille Diamètre Déviation de bille
1 0,008 0,010 0,008 0,009 0,12
3 0,007 0,006 0,008 0,008 0,12
5 0,005 0,005 0,006 0,006 0,04
7 0,004 0,004 0,005 0,004 0,04
9 0,0025 0,0025 0,004 0,0025 0,04

Source : AST Bearings

L’impact de la norme ABEC pour un patineur

La largeur n’aura aucun impact sur la performance. Les diamètres intérieur et extérieur non plus. Ils vont influencer la difficulté à insérer les roulements dans les roues et sur un frame, mais encore là, les vis et les roues auront plus d’impact que les dimensions du roulement lui-même. Quant à la déviation de bille, elle n’est pas suffisante à elle seule pour avoir un impact. Et ce n’est pas nécessairement parce que la déviation est plus basse que le roulement roulera plus vite…

Les différences sont tellement minimes qu’elles auront un impact pour certaines applications industrielles, mais pas sur un patineur de vitesse. ABEC est une question de dimensions, et non de qualité de roulement. Cette norme est utile à plusieurs applications industrielles, mais elle n’est pertinente que pour les roulements utilisés à très haute vitesse (au-dessus de 20 000 RPM). Or, pour rouler à 20 000 RPM, un patineur avec des roues de 110mm devrait rouler à… 415 km/h. Inutile de dire qu’un patineur n’atteindra jamais ces vitesses.

La norme ABEC fut créée par la American Bearing Manufacturers Association (ABMA) et est acceptée par le American National Standards Institute (ANSI). Elle est sujette à controverse, car elle ne prend en compte que la précision de fabrication […] et laisse de côté d’autres facteurs d’importance, tels que le matériau de fabrication, etc. Un roulement fabriqué en choucroute peut donc être conforme à la norme ABEC.

Source : Wikipédia

De nombreux paramètres entrent en ligne de compte pour la qualité du roulement : le type et la qualité des matériaux, le degré de polissage des billes, le lubrifiant utilisé. La résistance au roulement, la résistance à la rouille, à l’usure et aux chocs ne seront pas les même pour différents bearings d’un même ABEC. C’est pourquoi la plupart des roulements qui sont chers ne font même pas évaluer leur norme ABEC.

Il est écrit ABEC 9, mais est-ce vrai?

De plus, ce n’est même pas parce qu’il est écrit ABEC-9 sur votre roulement que c’est nécessairement vrai! De nombreux pays vendent ou fabriquent des roulements. Parmi des pays, certains n’ont aucune loi qui encadre les prétentions des vendeurs. Autrement dit, il est parfaitement légal d’écrire « ABEC-9″ ou même « Gold bearing » sur un roulement, même si c’est parfaitement faux.

Un exemple d’ici? Les roulements Bionic sont en vente dans certaines boutiques locales. Or, ces roulements -facturés 70$- portent la mention « Swiss ». Cette mention fait référence à l’usine de fabrication de roulement WIB, dont la précision est supposément meilleure parce que les Suisses disposent d’une telle réputation. Or, ces roulements Bionic sont… fabriqués en Chine. Autrement dit, on ne vous vend pas ce qu’on prétend vendre.

En résumé

Bref, sur quoi se fier pour acheter vos roulements? Pour ma part, dans toute cette incertitude, je n’ai jamais voulu payer cher pour des roulements de patins à roues alignées. Mes roulements lors du record au 24h roller solo ont été fait avec des roulements de 25$ le paquet de 16. Qui plus est, ils ont été « jammés » plusieurs fois à cause de la rouille. Je les ai remis en état plusieurs fois à travers les années avant de les utiliser pour mon record.

Pour les roulements plus dispendieux (6 billes, Suisses, céramiques, etc), personne ne peut prouver actuellement leur avantage à moins de les acheter d’abord ($$$) puis de les juger selon le « feeling ». C’est pourquoi cet été, Optimal Skating, avec la collaboration de Vice Custom Boards et de l’École de Technologie supérieure, fera un test objectif pour répondre à cette question. La réponse à la fin de l’été!

 

Sources :

http://bonesbearings.com/support/abec/
http://fr.wikipedia.org/wiki/Annular_bearing_engineer_council
http://skateboarding.transworld.net/news/the-abec-myth/#5zSfhYZ0aLHc82I2.97
http://skateboard.about.com/od/skateboardinglifestyle/a/Bearing_Truth.htm
https://shopmonkey.wordpress.com/2012/12/02/more-nerd-content-about-bearings/
http://www.astbearings.com/bearing-tolerances-precision-levels.html

 

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