Le V02Max

La consommation maximale d’oxygène ou VO2max […] est le volume maximal d’oxygène […] qu’un […] sujet humain en particulier peut consommer par unité de temps lors d’un exercice dynamique aérobie maximal.

Source : Consommation maximale d’oxygène – Wikipedia

Autrement dit, le V02Max, c’est la capacité maximum du corps à extirper l’oxygène de l’air et de l’utiliser. Elle est conséquentes de plusieurs facteurs, mais principalement du débit sanguin et de la capillarité musculaire. Le deuxième facteur est beaucoup plus important pour un patineur que le premier. C’est ce qu’on appelle « avoir du souffle »!

Contrairement à la croyance populaire, le débit sanguin n’est pas une donnée qui est particulièrement pertinente en patinage de vitesse. Une augmentation de la puissance du cœur ne sera pas nécessairement effectif sur les performances d’un patineur, ou très peu. Pourquoi cela? La contraction continue des muscles du patineur empêche fortement l’oxygène de se rendre à destination : dans les jambes. Ces muscles sont en effet contracté quasiment en permanence, ce qui augmente fortement la pression intra-musculaire. Cette pression étant forte, le sang ne peut plus circuler facilement dans les vaisseaux sanguins. Une augmentation du débit sanguin n’augmentera donc pas la livraison d’oxygène là où ça compte (dans les jambes). Par exemple, une diminution d’à peine de cinq degrés dans l’angle tibia-cuisse limite le V02Max du patineur de 10% (Foster et al, 1999). Autrement dit, le fait de passer de 115 à 110 degrés dans l’angle des genoux diminue la capacité du corps à utiliser l’oxygène de 10% et ce, malgré un débit sanguin équivalent.

Faisons une analogie avec le transport routier. Imaginez qu’il y a de la congestion routière locale parce que l’autoroute passe de quatre à deux voies. Il y aura congestion à cet endroit précis. Or, même si on augmente le nombre de camions de livraison, le débit de livraison ne sera pas plus rapide. Ce qu’il faut faire, c’est d’augmenter le nombre de voies.

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La congestion est une représentation ce qui se produit lorsque les muscles contractées diminuent la capacité du sang à traverser les vaisseaux sanguins. Agir sur la capillarité musculaire, c’est comme augmenter le nombre de voies. Cette meilleure circulation sanguine permettra au patineur d’utiliser plus d’oxygène, augmentant ainsi son endurance et diminuer la fatigue musculaire pour une même vitesse. La capillarité musculaire, c’est la qualité de la vascularisation des muscles, soit la qualité du réseau de distribution sanguin. C’est un paramètre qui influence beaucoup plus le patineur que le débit sanguin.

Cette dualité entre le débit sanguin et la vascularisation, indépendant l’un de l’autre, expliquent probablement pourquoi l’endurance est une qualité indépendante du V02Max. Pourquoi, par exemple, certains athlètes tiennent plus longtemps à 80% de leur V02Max que certains autres? Une différence dans la qualité de la vascularisation est potentiellement une des raisons.

Les impacts

Les impacts pour le patineur d’une meilleure capillarité sont, entre autre:

  • Augmentation de la vitesse de croisière aérobie (c’est à dire que la patineur peut augmenter sa vitesse sans avoir davantage mal aux jambes);
  • Une meilleure récupération. Puisque le sang est mieux distribué, il sera beaucoup plus efficace d’acheminer les nutriments nécessaires à la récupération du muscle et le libérer de ses déchets
    • Possibilité d’une augmentation des séances d’entraînement sans effet négatif
    • Une meilleure forme lors des compétitions, surtout lors de la 2e journée
    • Une diminution des risques de sur-entraînement;
  • Possibilité d’améliorer sa position de base (se baisser davantage, ce qui amène d’autres effets positifs) sans effort supplémentaire;

Les conséquences

L’entraînement du patineur ne devrait donc pas se concentrer sur la force du système cardio-respiratoire, qui influence le débit sanguin, mais plutôt le volume à base intensité, qui influence la capillarité. Exit les séances de course à pied avec intervalles, l’entraînement de vélo en côte ou autre exercice qui essouffle ; l’important, c’est de bouger plus doucement mais plus longtemps. Par exemple, des longues séances de vélo ou bien encore mieux, en roller!

L’entraînement à base intensité est d’ailleurs la fondation du programme d’entraînement dit polarisé, soit en grand volume d’entraînement à base intensité couplé avec un petit volume d’entraînement en force maximale. C’est un programme de plus en plus populaire qui est largement utilisé par les Hollandais, la plus grande puissance mondiale en patinage de vitesse longue piste.

De plus, en augmentant le volume d’entraînement à base intensité, on peut par le fait même augmenter l’intensité des séances à haute intensité, ce qui se traduit par une plus grande adaptation biologique.

En même temps que l’entraînement à bas volume, le patineur peut travailler sur sa technique, de loin le facteur le plus déterminant. On fait ainsi d’une pierre deux coups!

Attention : l’entraînement à bas volume, mais pas de façon excessive

Il faut faire attention de ne pas trop faire d’entraînement à basse intensité non plus. Une telle situation peut réduire la puissance musculaire et la capacité anaréobie (très important en patinage de vitesse) si les athlètes abusent de ce type d’entraînement. Le succès d’un programme d’entraînement polarisé est fortement dépendant de la qualité des séances d’entraînement à très haute intensité. Comme dans toute chose, c’est l’équilibre qu’il faut trouver!

 

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