L’entraînement à roller pour le patineur courte piste

L’entraînement sur roues l’été? Pour quoi faire? Je fais déjà du vélo, et je commence à patiner assez tôt sur glace! Qu’est ce que ça va me donner?

Beaucoup d’idée préconçues persistent dans le milieux du patinage de vitesse ; comme quoi le roller pourrait nuire à un patineur courte piste. Pourtant, le roller peut être très avantageux pour lui.

Les avantages sont, entre autres :

  1. Amélioration de l’aérobie
  2. Renforcement de certains muscles
  3. Gain d’agilité
  4. Gain d’équilibre
  5. Perspective technique différente
  6. Équilibre structurel
  7. Repos mental

1- Amélioration de l’aérobie

Les distances en patinage courte piste sont très courtes (entre 500 et 3000 mètres). Or, en patinage sur roues, c’est l’inverse : beaucoup d’épreuves en sont d’endurance (par exemple, on peut penser aux classiques Marathons). D’autres épreuves sont encore plus longues : certaines courses peuvent s’échelonner sur 100 kilomètres, voir plus. Cela fait en sorte que le patin sur roues pendant l’été est un très bon moyen de construire sa forme pendant la saison morte du patin sur glace.

N’importe quel programme d’entraînement sérieux préconise d’avoir une certaine dose de volume à base intensité. La raison? Améliorer la capillarité musculaire. Il s’agit de la qualité du réseau sanguin qui irrigue la musculature. Or, plus on bouge, plus ce réseau s’accroît. Le sang se rend en plus grande quantité et plus profondément dans les muscles. Résultat? Gain d’endurance, récupération plus rapide, augmentation du VO2Max. Comme ces séances d’entraînement à basse intensité doivent être réalisées de toute façon, le faire à roller est d’autant plus utile ; c’est plus spécifique au patineur que le vélo ou la course à pied.

2- Renforcement de certains muscles

Le dos

N’importe quel patineur à roulette vous le dira : au début, c’est le dos et les chevilles qui font mal! Le dos est en contraction continue pendant une plus longue période qu’en patinage sur glace. Les patins sont également plus lourds. Les muscles lombaires deviendront plus résistants. C’est intéressant, parce que ces muscles du tronc sont parfois négligés par les patineurs qui font beaucoup d’exercices abdominals.

Les stabilisateurs de cheville

La gestion des carres en patinage de vitesse sur roue impose une grande pression sur les muscles des chevilles. La bottine est assez haute par-rapport au sol. Ce sol est de qualité irrégulière et est beaucoup moins lisse qu’une glace. De plus, l’athlète doit gérer la double-poussée qui n’existe pas en patinage sur glace. Le résultat? le patineur doit effectuer un mouvement qui exerce une tension importante sur sa cheville sur une surface rugueuse. Les muscles qui contrôlent la pronation et la supination de la cheville seront ainsi fortement sollicités, en force et en endurance.

Les stabilisateurs de chevilles, très sollicités lors de la double-poussée

3- Gain d’agilité

En roller, il faut éviter les nids de poules, parfois gérer les bandes de trottoir, les bosses, le gazon, les arrêts… Tout plein d’obstacles à franchir. De plus, il faut savoir réagir rapidement. Cela apporte au patineur de glace une capacité à gérer des situations soudaines. Cette capacité à réagir pourra être mise à contribution dans les courses, où certains dépassements doivent être effectués en une fraction de seconde. Steve Robillard, patineur courte piste qui s’est toujours entraîné en roller, nous en a fait la démonstration lors d’une course de 1000m en 2008.

4- Gain d’équilibre

Ces bosses, bouches d’égouts, nids de poules, routes mal pavées… tout cela fait travailler l’équilibre du patineur. De retour sur glace, il sera beaucoup plus stable.

5- Perspective technique différente

Les principe de patinage sont les mêmes en patinage sur glace ou sur le bitume. Par contre, l’application de ces principes est différente. Un patineur peut améliorer sa compréhension des principes mécaniques du patinage en exécutant de deux façons différentes un même principe. Par exemple, la translation du bassin peut être mieux ressentie en patinage sur roulette. Le patineur retournant sur glace, venant de mieux comprendre cette technique, pourra intégrer cette meilleure conscience du mouvement dans son patinage hivernal.

6- Équilibre structurel

En patinage sur glace, ou tourne toujours à gauche… cela peut amener des problèmes de dissymétrie chez certains athlètes (angle du bassin, courbure du dos, etc). Or, quoi de mieux que le patinage sur roulette sur route pour ré-équilibrer le corps? Le mouvement étant totalement symétrique, c’est aussi un bon moyen pour déceler la jambe faible afin d’y apporter des améliorations.

7- Repos mental

La froideur de l’hiver, les arénas glaciales, le son de la Zamboni, la rareté du soleil… Pas besoin de convaincre qui que ce soit que c’est un mode de vie qui peut finir par fatiguer un athlète mentalement. Le patinage sur roulette est une belle occasion de patiner au soleil, en groupe et d’avoir du plaisir. Cette santé mentale est très important pour que l’athlète conserve sa motivation au travers les années. Vaut mieux qu’un athlète aille du plaisir, quitte à a sacrifier une partie de son gain potentiel à court terme, plutôt que de faire un burn-out après quelques années… Faire des champions de 14 ans, ça nous amène quoi s’il fait une écoeurantite l’année suivante?

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